une carte, un cahier de chansons

Dans la noirceur de la guerre, nos Poilus ont eu quelques moments de répit. Deux objets sont venus jusqu’à moi pour en témoigner.

Le premier document est une carte postale envoyée par mon arrière-grand-père Philibert GAUDOT.

carte postale Gaudot Philibert-1915

Cette carte a été écrite  le 28 janvier 1915. Le lieu où il a été écrit est incertain et difficile à déchiffrer.

Il faut préciser que Philibert Gaudot était illettré. C’est un autre soldat de son régiment qui écrivait les lettres destinées à son épouse Marie MARCHAND. Philibert était  jeune marié. Ils se sont mariés le 02 juin 1913. Lorsque la guerre est déclarée, Marie est enceinte et Louise, ma grand-mère paternelle vient au monde le 26 octobre 1914. D’ailleurs, dans le mot il évoque sa petite fille qui il l’espère « profite bien ».

L’autre document est un cahier rempli de chansons.

cahier chansons

Je vous en livre une parmi tant d’autres. Il s’agit de « la Clermontoise »:

chanson la clermontoise1chanson la clermontoise2

On peut remarquer combien l’écriture est belle. Il y a certes quelques fautes d’orthographe. Je ne sais pas qui écrivait pour mon arrière-grand-père. J’ai même l’impression que plusieurs personnes ont écrit pour lui, vu que l’écriture sur les cartes est différente de celle du cahier. Que ce cahier ait traversé le 20ème siècle pour venir jusqu’à moi montre l’importance de l’écrit pour quelqu’un de cette génération. Je m’explique: il n’a pas eu la chance d’avoir accès à l’instruction publique, qui avait du mal alors à faire sa place dans la campagne bourbonnaise. Même à la génération suivante, celle de sa fille, l’absentéisme était encore souvent la règle. Cette dernière, qui comme je l’ai écrit plus haut, m’a souvent raconté que lors des travaux aux champs, elle y était conviée. Cet absentéisme n’était pas un mépris de l’instruction, mais une nécessité économique.

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