Deux gardes mobiles morts en 1870

Un garde mobile c’est quoi?

Le service militaire tel qu’on l’a connu au XXème siècle n’a pas toujours existé sous cette forme. Au siècle précédent, le recrutement des hommes de troupe était lié au tirage au sort. Les « heureux » élus partaient pour 5 ans.  La guerre de 1870 fut donc menée par des soldats appartenant le plus souvent à la garde mobile. On a oublié cette guerre, pourtant elle a une importance cruciale dans notre histoire. Aujourd’hui, j’évoque deux gardes mobiles dont les noms figurent sur le monument aux morts de la commune voisine de mon village: Egleny.

Deux gardes mobiles non morts pour la France

Bien qu’ils figurent sur le monument aux morts, ils ne sont pas considérés comme « morts pour la France ».

Le premier, Théodule Calmus est né de parents cultivateurs à Chaumont, hameau du village d’Egleny, le 10 septembre 1842. La consultation en ligne de la table des mariages nous apprends que son décès est transcrit le 9 février 1871. La consultation de son acte de décès nous apprends qu’il est décédé à Neuvy-sur-Loire, dans le département voisin, la Nièvre, le 17 décembre 1870 au domicile des sœurs institutrices de Neuvy-sur-Loire. Théodule était accompagné par son frère Frédéric, son aîné. C’est d’ailleurs ce dernier qui déclare le décès de son petit frère.

Le second, Paul Arthur Paillot est né de parents cordonniers le 14 septembre 1849. Au moment de la guerre de 1870, ses parents semblent habiter dorénavant à quelques encablures de là, à Lindry, ainsi qu’en témoigne la page registre matricule le concernant. Paul Arthur meurt le 20 février 1871 à Avenches, en Suisse dans le canton de Vaud. Il est précisé sur le registre matricule qu’il est décédé des suites de la fièvre typhoïde.

Pourquoi Neuvy-sur-Loire et Avenches en Suisse?

Il faut rappeler que le conflit de 1870 a vu une bonne partie du nord de la France envahie. La capitale a été occupée et la Nièvre n’a pas échappé au conflit. Ainsi, pendant tout le mois de décembre, mois pendant lequel est décédé Théodule Calmus, le département de la Nièvre est menacé d’invasion prussienne.

Quant à la Suisse, cela s’explique par le repli des soldats français qui avaient précédemment combattu en Haute-Saône et à Belfort. Les combats autour de Villersexel, de Héricourt ont eu lieu pendant l’hiver 1870-1871, dans des régions aux hivers rudes. On imagine donc facilement l’état de santé déplorable des soldats. Ainsi, Paul Arthur Paillot, est mort le 20 février 1871 « après voir été malade pendant quatorze jours ».

Voici donc en quelques lignes l’évocation d’une guerre oubliée, de combattants, gardes mobiles, oubliés eux aussi, même s’ils ont leur nom gravé sur un monument.

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