Jean-François

Aujourd’hui est le meilleur jour pour rendre hommage à mon grand-père, Jean-François GIRARDOT. En ce 18 novembre 2017, tu aurais eu 100 ans. Pour saluer ta mémoire, je fais ce que je sais le mieux faire: écrire un article en ta mémoire.

Ton enfance

Les conditions de ta naissance, en ce jour du 18 Novembre 1917, je ne les ai appris qu’après ton départ pour d’autres cieux. En effet, Madeleine, ta maman, était une fille de l’assistance publique de la Seine. D’elle, je n’ai que des informations par défaut: personne n’a su trouver son acte de naissance dans l’état-civil de Paris lorsqu’elle a voulu se marier. Je dois me rendre à l’évidence: je ne trouverai moi non plus  jamais d’informations supplémentaires autre que celle de son matricule d’entrée à l’hôpital Beaujon. Elle y a été admise le 16 mars 1898.J’ai écrit un article enfant assistée à ce sujet.

Mais revenons à ta vie: tu viens au monde le 18 Novembre 1917. Tu passes les deux premières années de ta vie à l’Etang du Chat, à Gueugnon (Saône-et-Loire), avec ta mère, Madeleine car Albert, ton père est mobilisé depuis avril 1917. Les premières années sont difficiles vu que l’argent manque à la maison. J’ai retrouvé à ce propos, un courrier de Madeleine. Dans ce dernier daté du 14 octobre 1918, elle raconte ses difficultés financières. Elle est obligée de déménager mais elle ne doit pas aller bien loin car le recensement de 1926 nous révèle que tu habites encore à l’Etang du Chat.

Le retour de ton père

Finalement, ton père rentre de la guerre vers le 8 avril 1919. Je me souviens que tu me racontais la peur que tu avais ressentie alors lors de l’arrivée de cet inconnu. Il devait être certainement harassé, fatigué et peut-être sale, mal rasé. Puis la vie familiale a repris son cours. Une petite sœur est venue agrandir la famille, Catherine le 9 décembre 1919. Ton père a repris le chemin des usines de Gueugnon, les forges. Toi, tu découvres l’école et ses instituteurs, anciens poilus, peu commodes. À cette époque, il ne faisait pas bon faire le pitre à l’école. Ensuite, le 6 avril 1925, une deuxième petite sœur, Germaine, vient agrandir la famille. Malheureusement, l’année suivante, tu subis le premier deuil de ta vie: ta petite sœur Germaine s’éteint à l’âge de 14 mois, le 22 juin 1926. Un an ne s’écoule pas avant qu’un deuxième malheur vienne frapper ta famille. En effet, le 20 février 1927, ton père meurt des suites de sa mobilisation à la guerre de 1914-1918. Il faut dire que d’après ce que tu m’as raconté, il avait passé un hiver sur un navire au large des Dardanelles, sans jamais débarquer. Désormais, tu te retrouves à nouveau seul avec ta sœur Catherine, et ta mère, Madeleine.

Entrée dans la vie active

Quelques années passent et Madeleine se remarie. Mais ce n’est pas une bonne chose pour toi car ton beau-père te fait alors comprendre qu’il est temps d’aller gagner ta croûte. Tu n’as alors que 11 ans. C’en est alors fini de l’école et du temps de l’insouciance. Tu deviens alors domestique. En 1931, tu travailles chez les époux LAUVERNIER à Neuvy-Grandchamps. Puis, dans les années 30, tu traverses la Loire et tu te fais embaucher dans le département voisin de l’Allier, sur la commune de Coulanges dans une ferme. Tu en as gardé de bons souvenirs. Tu t’y est fait des amis, domestiques agricoles comme toi.

Ton mariage avec Louise

La seconde guerre mondiale arrive mais tu es réformé car tu as été blessé à l’abdomen par un taureau. Quelque temps plus tard, tu rencontres Louise. Vous vous mariez le 23 octobre 1943 à Montcombroux-les-Mines. Vous vous installez bientôt à la Grollière, à Montcombroux. Malgré les difficultés financières de départ, tu aimes ton travail à la ferme, toi le fils, petit-fils et arrière-petit-fils de forgerons et ouvriers aux forges.

Tu as beaucoup compté pour moi: tu as été et est encore aujourd’hui un modèle. Tu n’as jamais baissé les bras devant les situations difficiles et tu en as connu quelques-unes. Alors, en ce 18 novembre, je pense à toi et je te remercie d’avoir contribué à faire de moi ce que je suis aujourd’hui.

 

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