Marie Blondeau, du Cher à l’Aube

Il est toujours plus facile de faire des recherches sur la vie de nos ancêtres masculins que féminins. Pourtant, certaines de nos ancêtres ont eu une vie mouvementée. Voici l’histoire de Marie Blondeau, sosa n°41 de mon fils.

Marie BLONDEAU est née le mercredi 16 juillet 1851 à Sury-Ès-Bois dans le département du Cher.

Elle est la fille naturelle de Marie Anne BLONDEAU, indigente, alors âgée de 27 ans. C’est, comme souvent dans ce cas, la sage-femme, Hélène LANGUMIER, qui fait la déclaration de la naissance de l’enfant à la mairie. Marie-Anne vit sur la commune de Sury-es-Bois depuis peu, car le recensement effectué au mois de mai précédent ne la compte pas parmi les habitants de cette commune. Je pense d’ailleurs que sa condition sociale avait comme conséquence qu’elle ne vivait pas longtemps au même endroit. Pour le moment, mes recherches sur les recensements de la région ne me donnent aucune indication sur sa présence sur un lieu donné les années de recensement.

Marie a 10 ans lorsque son frère Henry voit le jour à Santranges, toujours dans le département du Cher. Anne-Marie BLONDEAU, la mère des deux enfants vit alors au lieu-dit « le Buisson » à Santranges et elle y exerce la profession de ménagère. Le père de l’enfant est inconnu.

Le 12 février 1867, Marie-Anne se marie avec Jean-Louis CHALOIS, à Santranges. Un contrat de mariage a été passé à Vailly-sur-Saudre, le 3 février 1867 devant Me Millot. Jean-Louis CHALOIS est journalier.

Marie trouve un emploi de domestique à Gien dans le Loiret et se marie le mardi 22 juin 1869 à Santranges avec Étienne HEURTAULT (1842-1886), vigneron de dix ans son aîné. Le couple a au moins 6 enfants :

Le 28 juillet 1869, nait à Gien son fils Etienne soit un mois et quelques jours après le mariage. A ce moment, le profession d’Etienne Heurtault, mari âgé de 10 ans de plus que Marie Blondeau est encore celle de vigneron. Marie Blondeau est elle aussi déclarée vigneronne.

Une deuxième fille, d’après les recensements de Longueville (Aube) naît en 1876, mais pas dans la commune de Gien. Pour l’instant, je n’ai pas trouvé son acte de naissance.

Le 6 janvier 1878 naît sa fille Clémentine. Marie est âgée de 26 ans. Clémentine naît dans l’Yonne, à Cheny. Etienne Heurtault est absent et son domicile est même déclaré inconnu.

Le 17 février 1881 naît sa fille Françoise ou Louise Joséphine (c’est le prénom qui apparaît sur le recensement de 1886 à Longueville dans l’Aube). Marie est âgée de 29 ans. Elle vit alors à Voulaines les Templiers dans le département de la Côte d’Or. Le domicile du père, Etienne Heurtault est à nouveau inconnu. Marie Blondeau vit chez Léopold Théophile Frappart, 32 ans, ouvrier terrassier.

Le 11 août 1883 naît sa fille Jeanne à Longueville sur Aube dans le département de l’Aube. Marie est âgée de 32 ans.

Le 05 juillet 1886 naît sa fille Blanche, toujours à Longueville sur Aube. Marie est âgée de 34 ans.

Le 19 novembre 1886 à 9h son époux Étienne meurt à l’hospice de Gien dans le Loiret. Marie est âgée de 35 ans. Dans l’acte de décès, il est confirmé qu’Etienne Heurtault n’a pas de résidence connue.

A partir de ce moment, les enfants que Marie Blondeau met au monde sont reconnus par Léopold Théophile Frappart.

Le 3 juillet 1888 naît son fils Théophile. Marie est âgée de 36 ans.

Le 27 juillet 1889 naît son fils Henri. Marie est âgée de 38 ans.

Le 19 octobre 1891 son fils Henri meurt, Marie est âgée de 40 ans.

Le 27 décembre 1891 naît sa fille Charlotte. Marie est âgée de 40 ans.

Elle vit avec Léopold Théophile FRAPPART (1849-), terrassier, le fils légitime de Constant FRAPPART et de Zélie Clémentine LIONNET. Je n’ai pas trouvé pour l’instant d’acte de mariage.

Ce couple a eu des enfants :

-Théophile né en 1888.

-Henri né en 1889.

-Charlotte née en 1891.

Les recensements en ligne sur le site des AD de l’Aube me permettent de reconstituer un tant soit peu la vie de Marie Blondeau. En 1896, on retrouve l’ensemble de la famille, rue du chemin de Charny à Longueville.

En 1901, Marie Blondeau se retrouve seule à Longueville. Théophile son fils et sosa n°20 de mon fils, est domestique chez Philippe Michon et Louise Danton, cultivateur à Longueville quant à Léopold Frappart, il est journalier chez Joseph Chalot, bourrelier. Que penser de tout ça ? Le couple s’est-il séparé ? Une visite aux AD de l’Aube éclaircira peut-être le mystère…

En 1911, Marie Blondeau vit toujours sur la commune de Longueville, mais elle habite avec un dénommé Léon Château, manouvrier, né en 1840 à Romilly. Sur le recensement de 1921, je retrouve une veuve Frappart, née en 1851 à Longueville. Tout me laisse à penser que c’est peut-être Marie Blondeau, vu l’année de naissance. Le fait qu’elle soit dénommée « veuve Frappart » peut-il laisser penser qu’elle ait été mariée avec Léopold Frappart ? Cela fait partie aussi des recherches complémentaires à faire.

Pour résumer, Marie Blondeau est née dans le Cher, a vécu dans le département voisin, le Loiret à Gien, avant de vivre quelque temps dans le département de l’Yonne, à Cheny, puis de continuer sa route vers la Côte d’Or à Voulaines les Templiers pour enfin terminer sa vie à Longueville dans l’Aube. Il faut aussi préciser qu’elle a eu au moins 9 enfants (ce qui était certainement beaucoup plus courant à l’époque qu’aujourd’hui). Ses nombreux déplacements ont certainement eu comme motivation la survie de ses enfants et la sienne.

sources: AD en ligne du Cher, du Loiret, de l’Yonne, de la Côte d’Or et de l’Aube, centre généalogique de l’Aube.

3 réflexions sur “Marie Blondeau, du Cher à l’Aube

  1. Quelle vie…et pas mal de mystères! Nos ancêtres sont tout de même passionnants et c’est même quelquefois difficile de s’imaginer que nous en descendons directement.
    Un bel article qui vous permet de faire une première synthèse sur cet aïeule.

  2. Quel parcours pour une femme de cette classe sociale ! J’ai rarement rencontré ce type de profil, on voit plus souvent des petits sauts d’un village au village voisin pour intégrer la famille du conjoint. Mais ici, cela ressemble à une quête ou était-ce une adepte de la vie nomade. Merci.

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